22/08/2016

OPTOGENETIQUE ET DOULEUR

"Le potentiel de la lumière comme solution très précise et non invasive aux analgésiques est plus apparent grâce aux travaux menés par des chercheurs de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal de l’Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill.

Des chercheurs ont élevé des souris ayant une sensibilité à la lumière dans les neurones du système sensoriel périphérique, connus pour être responsables de la transmission de la douleur. Les souris ont été modifiées génétiquement pour que des neurones spécifiques, les nocicepteurs Nav 1.8+, expriment des protéines appelées opsines qui réagissent à la lumière, une technologie connue sous le nom d’optogénétique.

Lorsque les neurones sensoriels sont exposés à une lumière jaune-orange, ces opsines déplacent des ions positifs à travers la membrane, ce qui diminue l’activité bioélectrique des cellules. Concrètement, cela « éteint » les neurones et atténue la sensibilité de la souris au toucher et à la chaleur.

« Les opsines activée par la lumière jaune que nous avons ajoutées à ces neurones ont d’abord été isolées à partir d’archéobactéries», explique le professeur Philippe Séguéla, chercheur à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal et auteur principal de l’article. « Lorsque nous les transférons aux neurones Nav1.8+, nous pouvons contrôler leurs réponses simplement en éclairant leurs fibres situées dans la peau avec une lumière jaune-orange inoffensive. »

L’optogénétique est un champ de recherche en expansion rapide qui mène à diverses applications. Dans le cas présent, l’activité de neurones de signalisation de la douleur a été diminuée dans une partie circonscrite du corps de la souris, ici les pattes arrière, et la durée de l’effet peut être contrôlée en jouant sur le temps d’illumination. La précision de cette technique met en évidence les avantages potentiels d’une utilisation chez les humains.

La luminothérapie basée sur l’optogénétique aurait l’avantage de procurer un soulagement de la douleur aux patients qui pourraient contrôler «à volonté» leur douleur en dirigeant la lumière sur la partie sensible de leur corps.

De nos jours, les opiacés constituent le traitement le plus courant de la douleur chronique. Or, ils sont souvent utilisés de façon systémique et non localisée à la région précise du corps affectée par la douleur. La durée des effets des opiacés peut être estimée mais sans la précision que pourrait procurer un traitement à la lumière.

De nouvelles avancées en neurosciences sont nécessaires pour que cette méthode de soulagement de la douleur soit appliquée aux humains. Le Pr Séguéla estime qu’il serait possible de rendre des neurones humains photosensibles notamment en utilisant un vecteur viral inoffensif conçu pour leur transmettre temporairement les opsines.

Selon un rapport de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, un Canadien sur dix âgé de 12 à 44 ans, soit environ 1,5 million au total, a été ou est aux prises avec la douleur chronique – une douleur qui dure des mois ou des années et qui accompagne entre autres le diabète, l’arthrite, le cancer et le zona. La douleur chronique réduit la capacité d’une personne à effectuer des tâches quotidiennes et peut causer d’autres problèmes de santé comme les troubles du sommeil et la dépression.

« La douleur chronique est un problème de plus en plus important sur le plan clinique, que nous soulageons principalement avec des opiacés depuis de nombreuses années. Son traitement reste difficile à cause du phénomène de tolérance, qui entraîne l’augmentation des doses et, par conséquent, l’apparition de graves effets secondaires. Dans le futur, la luminothérapie pourrait être une façon très efficace de soulager la douleur chronique et d’éviter les inconvénients des analgésiques courants », précise le Pr Séguéla.

Ces travaux, publiés dans la revue eNeuro, ont reçu le soutien des Canadian Institutes of Health Research, du Natural Sciences and Engineering Research Council, du Quebec Pain Research Network, et de la Fondation Louise et Alan Edwards".



Tiré de: https://iatranshumanisme.com/2016/04/20/utiliser-loptogenetique-pour-lutter-contre-la-douleur-chronique/
source : McGill University

05/08/2016

UNE SEMAINE CALME

Impossible de parler d'intox, quand un Israélien, Ilan Rozenkier écrit :

"Lentement mais surement, Israël est en train de renoncer à des attributs qui en faisaient une société ouverte, libérale au sens anglo-saxon du terme. Ces atteintes, ici coups de canif, là véritables agressions, se constatent dans le domaine culturel, dans les médias, dans le secteur juridique...Bref, la droite israélienne qui a gagné la bataille politique (démocratiquement...mais non sans populisme) aspire dorénavant à l'hégémonie culturelle chère à Antonio Gramci.

En Israël la situation se dégrade, les signes de délitement se multiplient. La loi qui vise à délégitimer les ONG en les faisant passer pour des "agents de l'étranger" a été adoptée, quoi qu’adoucie, sans entrainer finalement trop de remous. Pourtant ces ONG œuvrent d'abord et avant tout "pour" Israël parce qu'elles se préoccupent de ce qui arrive aux Palestiniens et s’intéressent à ce qui se passe de l'autre côté, en territoires occupés, là ou les Israéliens ne vont jamais, sauf les résidents des implantations et les soldats "immobilisés" pour assurer leur protection.

Une autre loi adoptée récemment par la Knesset va permettre à une majorité des deux tiers d'expulser tout député qui inciterait au racisme ou à soutenir la lutte armée contre l'état d'Israël. C'est bien entendu Hanin Zoabi qui était visée pour ses derniers commentaires virulents contre les soldats de Tsahal ou pour sa participation à la flottille du Marmara. Mais des moyens de rétorsion existaient déjà. C'est le peuple qui envoie à la Knesset ses représentants, c'est à lui seul de les en faire sortir. Alors que Zoabi risquait de perdre l'investiture de son parti, elle va se trouver renforcée par cette loi qui stigmatise une fois de plus la communauté arabe. Quoi d’étonnant dès lors que l'équivalent d'un président de Conseil régional déclare ne pas vouloir d'arabes dans ses piscines?

De l'autre côté d'une ligne verte qui n'existe plus, la situation n'est guère meilleure. Les constructions dans les implantations se poursuivent. Les destructions s'intensifient alors que les permis de construire ne sont pas (pas du tout ou pas assez) accordés aux Palestiniens, ce qui ne peut qu'accroitre leur désespérance. A titre d'illustration de ce que l'occupation signifie, on pourra se reporter à ce qu'a récemment publié sur sa page facebook Mossi Raz, secrétaire du Meretz: " Une semaine calme s'est écoulée... Deux Palestiniens ont été tués dont un enfant de 12 ans. Depuis le début de l'année, 76 Palestiniens ont été tués dont 22 enfants. 74 ont été blessés cette semaine dont 15 enfants. 39 maisons ont été détruites. A dix reprises l'armée a tiré en direction de Palestiniens dans la bande de Gaza. Elle y a pénétré trois fois pour aplanir des terrains. 44 000 personnes ont été assiégées. L'approvisionnement en eau de 600 000 gazaouis a été réduit. 155 Palestiniens ont été arrêtés".
Voila ce que dissimule le vocable "occupation"...

C'est pour qu'elle ne se prolonge pas au delà de son cinquantenaire que le camp de la Paix en Israël et de par le monde se mobilisera au cours de l'année à venir."

(source: repris de La Paix Maintenant)