06/01/2012

Chimie verte

Parfois le terme développement durable semble trop théorique. Voici quelques principes pratiques sur la chimie verte qui avaient été énoncés par Paul T. Anastase et John C. Warner en 1998. Anastase était responsable de la direction générale de la chimie industrielle à l'agence pour la protection de l'environnement des Etats-Unis et Warner, était président du Warner Babcock Institute for Green Chemistry.

Les douze principes de la Chimie Verte

1.  La prévention de la pollution à la source en évitant la production de résidus. 
2.  L’économie d'atomes et d’étapes qui permet de réaliser, à moindre coût,
l’incorporation de fonctionnalités dans les produits recherchés tout en limitant
les problèmes de séparation et de purification. 
3. La conception de synthèses moins  dangereuses grâce à  l’utilisation de
conditions douces et la préparation de produits peu ou pas toxiques pour
l’homme et l'environnement. 
4. La conception de produits chimiques moins toxiques avec la mise au point de
molécules plus sélectives et non toxiques impliquant des progrès dans les
domaines de la formulation  et de la vectorisation des principes actifs et des
études toxicologiques à l’échelle cellulaire et au niveau de l’organisme.
5. La recherche d’alternatives aux solvants polluants et  aux auxiliaires de
synthèse.
6. La limitation des dépenses énergétiques  avec la mise au point de nouveaux
matériaux pour le stockage de l’énergie et la recherche de nouvelles sources
d’énergie à faible teneur en carbone. 
7. L'utilisation de ressources renouvelables à la place des produits fossiles. Les
analyses économiques montrent que les produits issus de la biomasse
représentent 5 % des ventes globales de produits chimiques et pourraient
atteindre 10 à 20 % en 2010. Plus de 75% de l'industrie chimique globale aurait
alors pour origine des ressources renouvelables.
8. La réduction du nombre de dérivés en  minimisant l'utilisation de groupes
protecteurs ou auxiliaires..
9. L’utilisation des procédés catalytiques de préférence aux procédés
stoechiométriques avec la recherche de nouveaux réactifs plus efficaces et
minimisant les risques en terme de  manipulation et de toxicité. La
modélisation des mécanismes par les méthodes de la chimie  théorique doit
permettre d’identifier les systèmes les plus efficaces à mettre en œuvre
(incluant  de nouveaux catalyseurs chimiques, enzymatiques et/ou
microbiologiques).
10. La conception des produits en vue  de leur dégradation finale dans des
conditions naturelles ou forcées de  manière à minimiser l’incidence sur
l’environnement. 
11. La mise au point des méthodologies d'analyses en temps réel pour prévenir la
pollution, en contrôlant le suivi des réactions chimiques. Le maintien de la
qualité de l'environnement implique une capacité à détecter et si possible à
quantifier, la présence d'agents chimiques et biologiques réputés toxiques à l’état de traces  (échantillonnage, traitement et séparation, détection, quantification). 
12. Le développement d’une chimie fondamentalement plus sûre pour prévenir
les accidents, explosions, incendies et émissions de composés dangereux. 

Source: Découverte no 377, novembre-décembre 2011, p. 30-31,  et http://www.cnrs.fr/inc/recherche/programmes/docs/chimieve...

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