24/04/2010

Guérison à long-terme de paraplégiques

Article paru dans www.santepratique.fr

"Bloquer le fonctionnement d'un seul gène pourrait nettement améliorer la guérison à long terme des blessés de la moelle épinière, selon une étude publiée mercredi. Cette découverte ouvre  la voie à de nouveaux traitements pour ces traumatismes résultant d'accidents qui souvent entraînent de graves séquelles à vie. Environ la moitié des personnes ayant de telles blessures sont considérées comme paraplégiques et doivent subir une hospitalisation et une réhabilitation coûteuses. Un choc violent sur la colonne vertébrale peut la fracturer ou disloquer les vertèbres qui à leur tour peuvent écraser et détruire les axones de la moelle épinière. Ces branches des neurones assurent la conduction de l'influx nerveux entre le cerveau et le corps en circulant tout au long de la moelle épinière.

 Paradoxalement, dans une réaction de protection contre des blessures graves, la moelle épinière inflige souvent des dommages supplémentaires à ses propres cellules, expliquent ces chercheurs dont Marc Simard, de l'Université du Maryland (est), le principal auteur. Ces travaux paraissent dans la revue Science Translational Medicine du 21 avril. Activée par le gène Abcc8 en réaction à la blessure, la protéine Sur1 fait partie d'un mécanisme de défense qui vise à protéger les cellules en empêchant leur destruction qui résulte d'un excès soudain de calcium dans l'organisme.

 La protéine Sur1 déclenche la production de sodium pour réduire la quantité de ce calcium entrant dans les cellules. Mais, lors de blessures graves ce mécanisme protecteur sur-réagit et les protéines Sur1 laissent entrer un flot trop abondant de sodium dans les cellules nerveuses provoquant leur destruction. Ces chercheurs ont examiné la moelle épinière blessée d'humains, de souris et de rats. Ils ont observé le même mécanisme de destruction cellulaire et de tissu dans lequel la protéine Sur1 jouait toujours un rôle actif. En bloquant le fonctionnement du gène Abcc8 qui code la protéine Sur1, ils ont pu arrêter ce processus d'auto-destruction et améliorer la guérison sur le long terme de la moelle épinière des souris et des rats blessés."

Source/Auteur : © 2010 AFP - archives Jean-Pierre Clatot

 

00:19 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Il est surprenant que la science qui se veut rigoureuse passe par le conditionnel "un seul gène pourrait améliorer..."
Il est très regrettable d'attribuer à un mécanisme un état de santé alors que l'être humain fonctionne selon plusieurs systèmes complexes bien plus amples que ceux d'une souris ou d'un rat.
De plus, présenté ainsi, le procédé paraît simple alors que le travail sur les gènes est très complexe et pas du tout au point.
Alors cessons de faire miroiter un avenir bienfaisant et utilisons mieux tous les moyens à notre portée dans l'ici et maintenant.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 24/04/2010

Vous avez aussi raison. Mais c'est le patient qui décidera en dernier ressort avec ces deux clés en main.

Écrit par : NIN.À.MAH | 26/04/2010

La décision verbale et juridique reviendra certes au patient. Toutefois, il ne sait pas tout ce qu'il va encourir ni combien de temps cela durera ni comment son corps va accepter le traitement et tous les éléments concomitants.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 26/04/2010

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