13/04/2010

FAIM

Il vaut la peine ce site: http://www.peuples-solidaires.org/qui-sommes-nous/.  Voici quelques idées reçues sur la faim qui en sont extraites.


"Idée reçue n°1 : il n’y a pas assez d’aliments pour s’en sortir

Réalité : Abondance et non pénurie, c’est ce qui décrit le mieux les approvisionnements alimentaires mondiaux.  Assez de blé, de riz et autres céréales sont produits pour que chaque individu reçoive 3.200 calories par jour. Il y a assez de denrées disponibles au niveau mondial pour que chaque individu reçoivent au moins 2 kg d’aliments par jour.  Cette ration inclut 2 livres et demies de céréales, haricots et noix, environ 1 livre de fruits et de légumes et pratiquement une autre livre de viande, lait et œufs – assez pour rendre les individus bien gras!

Idée reçue n° 2 : la nature est responsable de la famine

Réalité : Il est trop facile de critiquer la nature.  Des facteurs humains rendent les individus de plus en plus vulnérables aux caprices de la nature.  Des aliments sont toujours disponibles pour ceux qui peuvent se les payer et, en cas de coups durs, la famine ne touche que les plus pauvres.  Des millions de personnes vivent au seuil de la catastrophe en Asie du Sud, en Afrique et dans d’autres continents car elles sont privées de terres par une poignée d’exploiteurs, piégées par une dette écrasante ou misérablement rémunérées.  Les événements naturels expliquent rarement les décès ;  ils ne sont que la goutte qui fait déborder le vase.  Les institutions humaines et les politiques décident de qui manque et qui meurt de faim dans des périodes difficiles.  De même, en Amérique, de nombreux sans domicile meurent de froid chaque hiver et, pourtant, ce n’est pas l’hiver qui en est le vrai responsable.  Les coupables sont l’économie qui échoue à offrir des opportunités à tous, et une société qui fait passer l’efficacité économique avant la solidarité.

Idée reçue n° 3 : Le monde est surpeuplé

Réalité : Les taux de natalité sont en chute rapide dans le monde entier car certaines régions en développement entament leur transition démographique.  Les taux de natalité s’effondrent en réaction au déclin précédent des taux de mortalité.  Alors que l’accroissement rapide de la population constitue encore une préoccupation sérieuse dans de nombreux pays, la densité démographique n’explique nulle part le phénomène de la faim.  Face à un Bangladesh affamé et à forte densité de population, nous trouvons des pays tels que le Nigeria, le Brésil ou la Bolivie où des ressources alimentaires abondantes coexistent avec la faim. L’accroissement rapide de la population n’est pas la cause fondamentale de la faim.

Idée reçue n°4 : Il existe un conflit direct entre les besoins environnementaux et la nécessité de disposer de plus d’aliments

Réalité : La crise environnementale sape nos ressources en matière de production alimentaire, mais un compromis peut être trouvé entre notre environnement et les besoins mondiaux en denrées alimentaires.  Les efforts qui sont déployés pour alimenter les affamés ne sont pas responsables de la crise environnementale mondiale.  Les multinationales sont les principales responsables du déboisement.  La plupart des pesticides utilisés dans le monde en développement sont appliqués à des cultures d’exportation et ne servent que très peu à nourrir les affamés, tandis qu’aux Etats-Unis, ces pesticides sont utilisés pour donner aux aliments un aspect cosmétique qui n’améliore que rarement la valeur nutritive.

Actuellement, nous disposons d’alternatives qui ne font que se multiplier.  La réussite des agriculteurs « bio » en Europe ou aux Etats-Unis donne une idée des possibilités.  En fait, des alternatives agricoles saines et non préjudiciables à l’environnement peuvent s’avérer plus productives que des solutions qui détruisent le milieu naturel.

Idée reçue n°5 : La Révolution verte est la solution

Réalité : Les avancées faites en matière de production par la Révolution verte ne sont pas un mythe.  Grâce aux nouvelles semences, des millions de tonnes de céréales sont récoltées chaque année.  Toutefois, un ciblage excessif sur l’accroissement de la production ne peut pas permettre de soulager la faim, car cette démarche ne modifie pas la concentration du pouvoir économique qui détermine qui peut acheter les aliments en excès.  C’est la raison pour laquelle dans certains grands pays où la Révolution verte a réussi, on a observé que la production de céréales et dans certains cas, de produits d’exportation, ne faisait qu’augmenter alors que la faim persistait et que la capacité de production à long terme du sol se détériorait.

Idée reçue n°6 : Nous avons besoin de grandes exploitations

Réalité : Les grands propriétaires qui contrôlent les meilleures terres laissent souvent la plus grande partie de leur exploitation en jachère.  Des systèmes injustes de fermage laissent les terres entre les mains des producteurs les plus inefficaces.  A l’opposé, les petits agriculteurs obtiennent généralement des rendements quatre à cinq fois plus élevés car ils travaillent le sol d’une manière plus intensive et utilisent des systèmes de production bien intégrés et souvent plus durables.  Une étude faite par la Banque mondiale dans le Nord-Est du Brésil estime que la redistribution des terres arables en plus petites exploitations permettrait d’augmenter la production de 80%.

Idée reçue n°7 : Le libre échange permettra d’éradiquer la faim

Réalité : la formule selon laquelle « le marché est bon, l’Etat est mauvais » ne permet pas de traiter des causes de la faim.  Cette attitude induit en erreur car elle amène à croire que la société peut choisir l’un ou l’autre alors qu’en fait, tous les pays du monde combinent le marché et l’Etat en ce qui concerne la répartition des ressources et la distribution des biens.  L’efficacité du marché ne peut contribuer à éliminer la faim que lorsque le pouvoir d’achat est largement dispersé.  Nous devons aider le consommateur et non le marché. La doctrine basée sur la promotion des échanges commerciaux a été un échec flagrant en ce qui concerne la lutte contre la faim.  Dans la plupart des pays en développement, les exportations ont enregistré des sommets tandis que la faim restait inchangée ou même s’aggravait.  Tandis que les exportations brésiliennes de fèves de soja explosent pour nourrir le bétail européen et japonais, la faim affecte non plus 1/3 mais les 2/3 de la population du Brésil.  Une fois que la majorité de la population a été rendue trop pauvre pour acheter les denrées qui poussent sur son propre sol, il n’est pas surprenant que ceux qui contrôlent les ressources productives orientent leur production vers des marchés étrangers plus lucratifs.

Idée reçue n°8 : Les pauvres ont trop faim pour se battre pour leurs droits

Réalité : Bombardés d’images qui nous décrivent les populations pauvres comme étant faibles et affamées, nous ne voyons pas l’évidence même : pour ceux qui n’ont pratiquement pas de ressources, ne fut-ce que survivre nécessite des efforts surhumains. Si les pauvres étaient véritablement passifs, peu d’entre eux survivraient.  Partout dans le monde, des Zapatistes du Chiapas au Mouvement des Sans Terre du Brésil ou d’Afrique du Sud et à Ekta Parishad en Inde, des mouvements pour le changement se développent, là où les gens souffrent injustement. Les populations s’alimenteraient si on les y autorisait.  Ce n’est pas à nous de « remettre les montres à l’heure » pour Autrui.  Notre responsabilité est d’éliminer les obstacles qui se trouvent sur le chemin des peuples, obstacles qui ont été souvent créés par les multinationales, les Etats du Nord, la Banque mondiale et le FMI.

Idée reçue n°9 : Plus d’aide alimentaire aiderait ceux qui ont faim

Réalité : La plupart de l’aide alimentaire va à l’encontre des besoins des affamés.  L’aide étrangère ne peut que renforcer et certainement pas modifier le statu quo. Lorsque les gouvernements ne répondent qu’aux élites, notre aide non seulement n’atteint pas les affamés, mais consolide les forces qui oeuvrent contre ceux-ci.  Notre aide est utilisée pour imposer le libre échange et des politiques libérales, pour promouvoir les exportations à la place de la production alimentaire et pour fournir des armes qui seront utilisées pour rester en place par les gouvernements répressifs.  Chaque aide d’urgence ou aide humanitaire finit souvent par enrichir les céréaliers, notamment américains, tout en échouant à atteindre les affamés.  Ces mesures peuvent également saper la production alimentaire locale dans le pays bénéficiaire.

Idée reçue n°10 : S’occuper de la faim coûterait trop cher

Réalité : La mise en œuvre du droit à l’alimentation ne requiert pas des efforts insurmontables de la part des pouvoirs publics.  L’obligation de respecter et de protéger ce droit peut être mise en œuvre sans recourir à des moyens financiers exhaustifs. Sur base d’études effectuées dans cinq pays à faibles revenus, le Projet du Millénaire (ONU) estime que les interventions destinées à augmenter la productivité agricole et à diminuer la faim chronique coûteront en moyenne environ 5-8% du coût total de la réalisation des objectifs de développement du Millénaire  Comme indiqué par la FAO : « les investissements dans le domaine de la réduction de la faim sont trop souvent perçus comme de la bienfaisance, alors qu’en pratique, il s’agit bien d’investissements »."

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