29/01/2010

RUGISSEMENT D'ALARME

Viens de lire dans Romandie News qui transfert une dépêche d'AFP l'alerte suivante:


""Global Sushi": de la mer à l'assiette, pas de sursis pour les poissons

PARIS - A force de le manger au carré ou sur des boulettes de riz, on en finit par oublier d'où il vient. Pourtant, la consommation débridée de poissons est en train de vider les océans.

Construit comme un témoignage à charge contre la surpêche et le gâchis, "Global sushi", un documentaire de Capa diffusé lundi sur Canal Plus, suit l'itinéraire de cette gourmandise mondialisée pour illustrer son propos et remonter la filière, depuis la table des restaurants jusqu'au fond des mers.

"La vraie découverte, c'est l'ampleur du phénomène: on parle de quelques espèces, comme le thon ou le requin. Mais c'est l'ensemble du système qui est voué au court-terme", estime le réalisateur Jean-Pierre Canet.

Pour Philippe Cury, directeur de recherches à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), le nombre de bateaux de pêche est deux à trois fois supérieur aux capacités de reconstitution de la ressource.

A ce rythme, la totalité des espèces commerciales aura disparu en 2050.

80% de la pêche mondiale passe par le Japon: au grand marché de Tokyo s'échangent chaque jour 2.000 tonnes de poissons dont 50 t de thon rouge de Méditerranée, condamné à l'extinction sans réaction rapide.

Passé des filets européens - France, Italie, Espagne en tête-, parfois déguisés sous pavillon libyen, aux fermes d'engraissement au large de Malte, le thon rouge, victime de l'engouement mondial, risque de subir le sort que connut la morue de Terre-Neuve il y a vingt ans: épuisé par la surpêche, le stock n'a pas réussi à se reconstituer malgré un moratoire en vigueur depuis 1992.

En bout de chaîne, six multinationales japonaises se partagent le magot et stockent dans d'immenses coffres-forts, à -60°C, 55.000 t de thon rouge qui leur permettent de jouer sur les cours mondiaux. A elle seule, la firme Mitsubishi en détient 60%.

Mais les caméras s'attardent aussi à bord des chalutiers de grands fonds, qui raclent le plancher des mers et remontent dans chaque filet 40 tonnes de prises dans leurs mailles, dont les deux-tiers, inexploitables - "les prises accessoires"- repartent à l'eau.

Courageux capitaine, Xavier Léautet, aujourd'hui promoteur de la pêche durable, à la manoeuvre au large de l'Ecosse sur un navire de la flotte des Mousquetaires (la chaîne Intermarché), témoigne, face à la caméra, des mille combines pour contourner les quotas autorisés et défier les autorités: "Il y a dix ans tout le monde s'en foutait. En deux, trois ans, on ratissait complètement une région".

Jean-Pierre Canet tient à lui rendre hommage: "Il est le seul à avoir accepté de briser l'omerta de la pêcherie industrielle".

Pendant ce temps, le massacre continue: au large des côtes africaines, où les pêcheurs traditionnels, devenus incapables de trouver du mérou depuis leurs pirogues s'embarquent comme esclaves à bord des navires-usines chinois.

Dans les îles Chiloe, dans les eaux chiliennes, où l'élevage industriel intensif du saumon, loin de ménager la nature, l'étouffe et la pollue. L'excès a conduit à fermer tous les élevages - et les emplois qui en dépendaient.

Pour illustrer cette perte du lien entre les humains et la nature, entre le poisson et le sushi, "Fish Rocker", un poissonnier-punk d'une banlieue de Tokyo, taille sur scène un thon rouge et distribue les morceaux à la foule. Pour lui rappeler que c'est bien la nature qui nourrit l'homme. Tant qu'elle peut le faire.

(Global Sushi, Canal Plus, lundi 1er février 20h50)

(©AFP / 29 janvier 2010 10h16)"

N'y a-t-il pas un moyen de boycotter cet infâme trafic?

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